« La Flandre, Wasquehal et le Nord à Bercy | Page d'accueil | Un orange sur France Culture »
20.04.2007
Pourquoi Le Nord-Pas de Calais doit voter Bayrou?
Terre ouvrière, terre de souffrance, terre de «gauche» diront les uns...Terre de handicaps, bastion inexpugnable diront les autres... «carrefour-terre de travail et de talents», terre d'espérance diront les optimistes... Et j'ai envie d'être optimiste, par nature peut-être, par confiance sûrement et avant tout dans les femmes, les hommes, les jeunes et les moins jeunes qui y vivent.
Jusqu'à un passé très récent, la «gauche socialiste» régionale a toujours cru se situer en terrain conquis, sanctuarisé par des décennies de clientèlisme municipal, départemental ou régional, et constamment fixé sur ses archaïsmes par ses alliés nouveaux ou historiques des Verts, du PC et l'extrême gauche radicale.
La «sociale démocratie» n'a pas trouvé de terrain d'expression et a toujours été mise sous le boisseau, dans un contexte de «sociale trahison» ou de pacte amoral avec la droite ou le patronat. Le centre et la démocratie chrétienne avait un temps échappé à cette diabolisation jusqu'à ce que «le programme commun» la réanime. Notre région en a souffert et souffre encore de cette glaciation sociologique qui a vu, tour à tour, refuser l'ère industrielle et perdre un temps considérable, puis considérer que la puissance publique pouvait tout dans une adaptation économique craintive et protectionniste.
Face à elle, la droite a considéré au mieux le Nord-Pas de Calais comme un territoire politiquement à jamais perdu, parachutant par endroit, par moment et sans conviction, des candidats sans illusions; préférant se cantonner à une politique de partage sur des villes à connotation bourgeoise et laissant aux centristes le soin de combattre localement l'hégémonie de gauche. Les villes d'Arras et de Roubaix en furent les illustrations. Partage inutile? Par sûr, la région bénéficiant dans la foulée du tunnel sous la Manche, du TGV à Lille, dans une vision prémonitoire d'un Pierre Mauroy négociant avec Jacques Chirac au sein d'une «amicale des premiers ministres».
Contrat de projets après contrats de plan, notre région n'a jamais eu réellement, quelque soient les tendances gouvernementales, les moyens de faire face à ses handicaps et de se forger un avenir. Et pourtant toutes les avancées et les éléments de solidarités nationales concrètes bien insuffisantes furent acquis lors de consensus régionaux bâtis au delà des clivages «gauche-droite», à commencer par les apports des fonds européens.
François Bayrou aime le Nord Pas de Calais et ce n'est pas pour rien qu'il a choisi notre région pour démarrer et clore sa campagne présidentielle.
Parce que nous avons besoin d'une région rassemblée et réconciliée pour définitivement l' inscrire dans le concert des régions modernes d'Europe en profitant de notre situation géographique, parce que les luttes partisanes ne nous ont jamais assuré de perspectives économiques et sociales et parce que nous savons que les élus de «bords différents» peuvent travailler ensemble, nous avons besoin d'un Etat impartial avec un Président rassembleur. Non plus un état-providence, mais un état «présent là ou ça va mal». Car nous avons encore trop de quartiers en déshérences, trop d'injustices en matière de santé ou d'éducation, trop de friches héritées du passé... De ce passé qui a chauffé, forgé l'acier des bâtiments, des usines et des locomotives; et nourri toutes la France.
Au Conseil Régional, les élus de l'UDF ont déjà montré la voie, sans abdiquer leurs convictions mais dans un état d'esprit positif, améliorant les budgets de l'exécutif socialiste par des amendements constructifs dans le seul but de l'intérêt général.
Le patronat chrétien régional n'est il pas à l'initiative avant guerre, de grandes avancées sociales notamment en matière de logement?
Sur les ruines d'un textile ou d'une sidérurgie victimes inévitables des délocalisations, nos entrepreneurs n'ont-ils pas inventé les nouvelles formes du commerce ou des transports urbains?
De même, notre tissu de PME peut et doit prendre le relais des grandes industries qui fondaient notre prospérité.
Qui, en dehors de François Bayrou, en fait le socle du progrès économique et social?
Qui, en dehors de François Bayrou, veut une France apaisée, réconciliée et efficace dont la région a besoin?
En votant François Bayrou, nous participons à la construction d'une région qui ne sera plus jamais considérée par les uns, comme un terrain acquis qui ne mérite que des imprécations ou par les autres, comme un territoire à jamais condamné, sorte de «réserve socialo-communiste» sans intérêt.
Nous savons bien que nos principales ressources sont en nous, mais elles ne suffisent pas dans la compétition internationale, et l'équité exige toujours un traitement approprié pour une région qui a cessé de geindre pour croire en son avenir.
22:20 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


